Mercredi 18 février 2009 3 18 /02 /Fév /2009 21:38

Elle s'est bannie de la société des hommes pour n'avoir qu'une seule utilité; celle d'être son propre abîme.

La gangrène menaçait. Les murs de mots commencaient à trembler dangereusement. Qu'en resterait t'il demain... Les jours, les nuits n'existaient plus. Le temps n'a d'ailleurs jamais vraiment été.
C'était une bouche gigantesque et déformée. Elle l'avalait à chaque seconde et la recrachait aussitôt. Grimaçant les inquiétudes de Jaë, ce vide noir aspirant les désirs fossiles ne lui laissait que des gouttes desséchées et acides pour nourrir son existence insomniaque.
Son geste l'effrayait par le délice meurtrier qu'elle en retirait. Qui l'aurait vu aurait été paralysé de stupeur à la vision de ce corps enduit jusqu'à disparaître. A l'immédiat contact de sa peau la matière des mots se solidifiait pour former un sarcophage. Elle se retrouvait enfermée vivante dans ce tombeau qui n'avait jamais connu de clés.
Les sueurs tombaient à terre en cristaux de souffre aiguisé comme des pointes de lance.
Personne n'aurait pu l'approcher. Comment rentrer dans ce refuge aux émanations insupportables et fatales...
Les mots se délectaient de leur prise, éphémère affolé dans la toile. Les filaments empruntaient la tension arachnide, elle ne pouvait s'en dégager.

On pouvait entendre quelquefois, abandonnés dans le vent, des ricanements rapides et aigus.

 

 

Par Jaë
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Mercredi 18 février 2009 3 18 /02 /Fév /2009 20:06

L'épuisement dépassé elle découvre la sérénité accomplie de ce qui ne s'achève jamais.

 

Le tourbillon de la mécanique des grands bouleversements tombait en pluie de météores argentés sur ses cheveux. Ce diadème imprévu éclairait la chambre d'une lumière moirée, se comparant à la couleur des perles sous-marines. Elle fit un pas en avant, caressa de ses doigts les murs de la naissance et commença à déchiffrer le grain serré de pureté. Au dessus d'elle tournaient les oiseaux d'augures qui se multiplaient dans le ventre des secondes intemporelles. Ils vouaient leur attention d'avenir à lui murmurer le secret de leur venue dans sa vie.

Jaë s'était défaite de tout ce qu'elle savait comme d'un vêtement devenu trop étriqué. Au plus profond d'elle-même les racines de son chant intérieur avait été cuellies par l'élan du geste. Définition retrouvée de ses notes sombres et interrogatives, Dwedus l'avait fait se retourner sur les origines de sa terre désertique. Les courants immémoriaux, antérieurs à tous souvenirs, coulaient en encre d'absolu. Les instincts idéels plongeaient de sa main dans ce fleuve d'une richesse sans fond. Les perpétuités rencontraient les immédiatetés, les cris des loups d'obscurité croisaient le fer avec les timidités des aubes. Ce qui ne pouvait se voir dans l'espace restreint de la réalité froide et implacable parlait maintenant le même language.
C'est la grande union éclatante. Provoquant Lucifer des temps brisés qui cherche toujours à souffler son feu tiède de la banalité sur les songes. La chambre de l'expérience était hermétique à cela maintenant. Les limpidités en mouvement, polymères habiles résistants à la rupture et aux chocs, colmataient les fissures par lesquelles passaient le vent de l'hésitation. Jaë était l'interprète unique des représentations articulées de l'invisible silence. Dans un néant fertile elle prononçait les mots que seul comprenaient les sensibilités exacerbées.
Ces sensibilités qui souffrent de l'immense solitude d'être les âme-mères du recul visionnaire.
Elles seules peuvent ouvrir les voies aux grandes réalisations. Elles mettent au monde les syncopes créatrices.

 


Elles écrivaient pour Dwedus.

Par Jaë
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Mardi 17 février 2009 2 17 /02 /Fév /2009 20:12

Son âme vacillait à l'idée d'un sourire. Il la reconnaîtrait. Il pourrait peut-être dire qui elle était avant. Avant qu'elle ne se défasse de tout ce qui lui appartenait.
La destruction était totale. Avec véhémence elle avait arraché à la vie ses fibres délicates et fragiles. Dévasté les champs de connaissances pour ne plus rien savoir et tout recommencer. Toujours devenir. La résolution greffée au corps de toujours aller au bout des mouvements émotionnels.

Elle ne voulait pas s'arrêter et regarder avec contentement ce qu'elle avait, peut-être. Jaë ne voulait rien avoir, et surtout pas le sentiment d'être arrivée. Toujours interroger, toujours la chasse. Chasser les souvenirs mais aussi chasser la vérité, comme un animal traqué traquant sa propre ombre dans sa fuite désespérée.
L'exaltation est étoilée, l'effort passionné. Elle avait insisté jusqu'au grand incendie. Les sensations étaient maintenant irritées, des rougeurs enflammées apparaissaient sur les rêves. Elle avait touché. Et l'élévation était la juste récompense de ce questionnement sans merci. 
Jaë se défaisait sans cesse d'elle-même pour cette seconde d'éternité où elle se retrouvait, nouvelle et tranformée.
Au fond de l'âme et de la raison vivent les souplesses majestueuses de l'existence.
Derrière ce bûcher on acquiert plus de finesse. Mais pour un temps seulement, car bientôt il faut repartir. Plus haut encore il faudra chercher, plus bas encore en soi il faudra se pencher. Et s'anéantir, retourner sa propre peau - tannée par le sable de l'océan originel - et tout découdre. La souffrance est insupportable, mais toujours derrière une force arrondie et plus vive.



She quivered at the idea of a smile. He would recognize her. He might tell her who she was before. Before she rid herself of all what belonged to her.
Destruction was totale. Vehemently Jaë had snatched each delicate and light fiber from life. Devastated the knowledgement fields to not to know anything anymore and to start over.
Always to become. Her resolve grafted onto her body to follow through the emotional movements. 
She did not want to stop and have a look with satisfaction at what she had, she might have. Jaë did not want to have anything, and especially not the feeling to be arrived.
Always questionning, always chasing away. Hounding the memories but also the truth, like a stalked animal stalking its own shadow in its desesperate escape.
The exaltation is starry crazed, the effort passionate. She had insisted until the grand fire. The sensations now were irritated, inflamed red blotches appeared on her dreams. She had touched. And the elevation was the fair award of this merciless questionning. 
Jaë came undone endlessly of herself for this second of eternity where she was new and transformed.
In the bottom of the soul and reason live the majestic flexibilities of existence. Beneath this stake you get more shrewdness. But just for a time, as you must soon leave. More higher you will have to search, more deeper into yourself you'll have to dig. And shatter yourself, turn your own skin - tanned by the sand of the original ocean - and remove everything. The pain is unbearable, but always behind it a strenght more vivid and smoothed.


 

Par Jaë
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Mardi 17 février 2009 2 17 /02 /Fév /2009 11:04

11


L'espace où je vis n'est ni la mort ni la vie.
Toute réalité est séparation.
L'unité et l'oubli. L'amour et le prix.
Il n'y a eu d'abord que renoncements et abandons.
Les frontières entre soi et le monde s'effacent.
La terre s'ensemence d'appels d'air.


The space where I live is nor death or life.
All reality is separation.
Unity and forgetting. Love and price.
First were only giving up and renunciation.
Frontiers between oneself and the world get vague.
The soil is sowed with air's calls.
Par Jaë
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Mardi 17 février 2009 2 17 /02 /Fév /2009 11:02

10

 


Ca pourrait être là-bas, oui.
Mais ça ne l'est pas.


I could be there, yes.
But it is not.

Par Jaë
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